Je faisais rien lorsque d'un coup, inspiré, je me suis mis à écrire. Voilà ce que ça a donné :
Déjà
Alors que sont soumis les forts à la servitude
Alors que, déjà, s’évapore le prestige du temps d’antan
Et que tombe la lourde couronne des peuples du sud
S’élève la nation dictatrice du jeune conquérant
Et, déjà, sombre les anciens dans l’oubli de la solitude
Noyés par un flot continu de souffrance et de tourment
Alors que l’empereur amasse le pouvoir, collectant les prises
Périssent, déjà, les grands rois dans la prison de la conquête
Alors que, vainement, l’antique peuple, tentant la fuite, s’épuise
Seul demeurent les insoumis, vengeurs rancuniers que nul n’arrête
Cachés au plus profond des vallées, tuant à leur guise
Dominat les eaux, maîtrisant les tempêtes
Alors que s’élève un nouveau souverain, un noir empereur
S’émiettent, déjà, les anciennes traditions et tombe l’histoire
Dont seul se souviennent les chevaliers errants, sombres vengeurs
Et tandis que tous se cachent dans les montagnes, sombres, noires
Meurent la noblesse et se désagrège l’honneur
Et, au-delà des nuages, germent des ombres que nul ne peut voir
Ombres qui, peu à peu, épaississent les ténèbres de la nuit
Et assombrissent les jours les plus illustres
Ombre qui voile les cieux et l’infini
Et qui entre les étoiles s’incrustent
Obstruant la lumière, condamnant la vie
Et étouffant les rayons les plus robustes
Trépassent les archaïques traditions, perdues dans l’oubli
Se déversent de l’ancestrale capitale des rivières de sang
Dans lesquelles se noient le peuple conquis
Qui, déjà, agonise, frappé par la force du temps
Temps qui, rapidement, passe et ne songe qu’à aujourd’hui
8/10
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