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Monseigneur De Parisbourg

Chapitre Premier
La bataille
 
Henry se leva avec la même idée que lorsqu’il s’était endormi : « J’ai vraiment envie de pisser, je devrais peut-être y aller tout de suite ». Il abaissa le pied du fauteuil et s’habilla en vitesse. Aujourd’hui avait lieu le mariage de sa plus jeune et unique fille, Élisabeth, communément surnommée Jacqueline.
Henry, par plusieurs surnommé Monseigneur, vivait dans un château de milieu rural en Phrance, terre voisine d’Angletaire, et il était le seigneur du petit village de Parisbourg. Il se rendit à sa chambre pour saluer sa femme et l’un de ses meilleurs amis, Phrançois.
-         Salut à vous et bon matin, debout Paulette, debout Phrançois, dit-il, ouvrant les rideaux. Le soleil est déjà presque levé et la lune aura bientôt disparut… dans quelques heures tous au plus.
-         Mais, s’écria Paulette, nous ne sommes couchés que depuis deux heures.
-         Oui, tu as raison ma belle Paulette, mais ferme ta maudite gueule. Tu sais très bien que lorsque je souffre d’insomnie, il me faut réveiller toute la maison. Je vais voir Élisabeth, bon matin.
Et il sortit de la pièce.
Élisabeth, étant trop anxieuse la veille, s’était couchée dans la nouvelle voiture de sa mère. Henry, une fois arrivé à celle-ci, dit au valet de signaler sa présence. On lui ouvrit la porte et sa fille lui fit place.
-         Ce que c’est grand ici, ta mère a encore grossi ?
Élisabeth ne dit rien.
-         Salut ma belle Jaqueline, j’espère que tu es heureuse, car aujourd’hui est un grand jour pour toute la famille, repris Henry.
-         Tu le penses vraiment ?
Elle le regarda avec l’un de ses plus beaux regards.
-         Quoi, dit Henry, que tu es belle, bien sur que non, mais George t’aime c’est ce qui compte.
-         Crois-tu vraiment que ce jour est… Il se nomme Frédéric !
-         Quoi, que dis-tu ?
-         Il se nomme Frédéric, George est mon frère.
-         Oui, tu as raison, du moins, c’est ce qu’on est en train de me dire à l’oreille. Tu sais, je suis vraiment très heureux pour toi.
Élisabeth resta un moment sans parler, elle semblait émue.
-         Je t’aime papa, ce que j’ai envie de te serrer dans mes bras !
Et elle le caressa fortement.
-         Oui, je te comprends, ce que j’ai envie de pisser, moi !
Et ils pleurèrent ensemble. A
 
Henry resta un instant avec Élisabeth avant de profiter de son sommeil pour partir en silence. Il entra par l’entré principal du château et se rendit à la chambre de son fils. Comme à chaque matin, quoique le soleil n’était pas levé, il se devait de lui faire une petite blague, mais cette fois, il ne se déguiserait pas en monstre, pas aujourd’hui. Il enfila le linge de Phrançois et mit une longue perruque brune. Il se regarda dans le miroir, parfait, il ressemblait en tout point à son ami.
-         George, l’heure est grave, s’écria-t-il fortement, entra dans la chambre de son fils.
-         Quoi, qu’y a-t-il Père, s’écria George, bondissant de son lit et brandissant une épée rapidement décrochée du mur.
Henry le regarda quelque temps, déçu.
-         Co… comment tu as fait pour… pour me reconnaître, demanda-t-il tristement.
Il enleva la perruque
-         Hein… Quoi… Henry… Henry c’est… euh Père, c’est vous, bafouilla-t-il. Hum ! Je vous ai reconnu par… par… par le…
-         Par le son de ma voix ?
-         Oui… exactement… et vous ne m’avez pas appelé petit perdant… Mais la ressemblance avec Phrançois est immense, j’aurais pu me méprendre, si je n’étais votre… fils, ajouta-t-il, s’essuyant le front et fixant le plancher.
-         Et bien je suis fier de toi mon gars, tu es vif et intelligent, et sais-tu, si jamais je me retrouvais commandant à la guerre, tu serais mon officier le plus haut placé.
-         Vous parlez sérieusement Père, demanda George, je veux dire, vous pensez vraiment ce que vous dites.
-         Qu’est-ce que ça peut bien foutre ce que je pense, ce n’est pas important.
Un court silence s’installa.
-         Ce qui est important, reprit Henry, c’est… toi.
-         Moi ?
-         Euh… en fait, non. Je dirais plutôt que ta sœur est importante et que tu ne vaux pas de la merde, mais ne changeons pas de sujet, veux-tu ? Allez viens ! Il est bientôt l’heure de s’entraîner à l’épée, que dirais-tu de prendre cinq heures d’avance ?
Et il se dirigèrent vers la cour arrière.
 
Ayant terminé l’entraînement, Henry et George prirent le petit déjeuner que leur avait préparé Élisabeth, car bientôt, elle le ferait à chaque matin pour Frédéric, avant que celui-ci ne devienne seigneur.
-         Délicieux ces œufs, complimenta George, je t’en félicite.
Élisabeth rougit.
-         Qu’est-ce que c’est, demanda Henry, levant devant son visage ce qui semblait être de la viande.
-         C’est du porc, il m’a fallut deux heures pour préparer la sauce et trois…
-         C’est dégoûtant… que l’on donne mon assiette à Rex, moi je serai aux toilettes.
Il se leva puis se retourna vers Élisabeth.
-         Les assiettes étaient très bien placées sur la table et… je veux que tu sache que… ta mère t’aime beaucoup.
Un homme entra en courrant dans la pièce.
-         Monseigneur, dit-il rapidement, nous sommes attaqués, les Shinois nous attaquent. Les villageois se dirigent déjà vers les portes de la muraille, que faut-il faire ?
Henry sembla réfléchir un instant.
-         J’en sais foutre rien moi, mais pour qui me prenez-vous sale imbécile, je ne suis pas un guerrier, ni un commandant… je ne suis qu’un seigneur !
-         Euh… et bien… justement.
Henry réfléchit de nouveau et parut frappé d’une bonne idée.
-         Faites entrer tous ceux qui peuvent se battre, tuez les autres.
-         Mais Monseigneur…
Henry resta silencieux et ne fit aucun bruit.
-         Bon, tu as gagné, finit-il par dire. Envoyez les femmes et les enfants aux écuries, ils s’y cacheront, faites venir les hommes à la cour arrière.
Il fit un pas vers le couloir puis se retourna.
-         Oh… et… faites quérir Frédéric, Phrançois, George et Albert à la salle du trône.
-         Monseigneur, je suis Albert.
-         Et bien qu’attendez-vous pour y aller, et toi aussi George, moi je vais vomir et je vous rejoins.
Et il s’en fut d’un pas rapide.
 
Henry entra dans la salle du trône, tous ceux qu’il voulait y voir y étaient. Il s’assit lentement à sa place et les fixa d’un regard sérieux.
-         Nous séparerons les hommes du village en plusieurs groupes, dit-il. Nous en commanderons chacun un, une fois sur les lieux nous déciderons de qui ira où. Est-ce que l’on m’a bien compris.
-         Père je crois que…
-         Ta gueule George, Vous tous, suivez-moi.
Et ils se dirigèrent vers la cour arrière.
-         Frédéric, prends ce groupe de laiderons, vas à la salle des armes et donnes leurs des flèches, un arc et une dague. Emportes-les ensuite sur la muraille, vous repousserez les échelles et tirerez de l’arc. Phrançois, prends-toi dix hommes et vas à la porte sud, assures-toi qu’elle ne cède pas. Albert, prends ce groupe de fermier et donne leur un cheval, vous attaquerez par l’extérieur, Adieu. Exécution !
Henry les regarda partir.
-         Les autres, vous venez avec moi, nous protègerons la porte principale. Si l’ennemi pénètre la muraille, on se replie au château.
-         Mais Père, il ne reste que moi.
-         Quoi… Oh, mais qu’attends-tu, viens.
Ils ouvrirent la porte et les dix cavaliers, menés par Albert, chargèrent vers l’ennemi. Ils la refermèrent ensuite et la verrouillèrent.
-         Père, croyez-vous qu’il était nécessaire d’envoyer des hommes à l’attaque, on dit que l’armée des Shinois compte plus de deux mille hommes, et des personnes de plus auraient utiles pour protéger la porte.
-         Oui tu as raison, mais je n’ai jamais aimé Albert. Entre moi et toi, je crois qu’il avait des relations avec ta mère, et Dieu seul sait ce que je fais à ceux qui ont des relations avec mes relations.
Un choc les poussa tous deux à terre. Les Shinois avaient défoncé la porte avec un énorme bélier. Henry se leva rapidement et, imité par son fils, referma l’un des deux immenses battants de celle-ci. Et ils tentèrent de la tenir fermée, poussant de toutes leurs forces sur les portes, l’ennemi faisant de même de l’autre côté.
-         Mon fils, part chercher Frédéric, je vais retenir la porte.
-         Mais Père…
-         Dépêches-toi espèce d’innocent, je ne tiendrai pas longtemps. C’est connu, les Shinois ne mesurent pas plus d’un mètre, je pourrai les retenir quelques minutes.
George courut vers le château et disparut dans le tournant d’un sentier.
-         Vous ne pourrez jamais entrer dans ses murailles bande de nains, cria Henry aux Shinois qui poussaient contre la porte.
Et George revint, emportant avec lui Frédéric et plusieurs hommes. Et ceux-ci sortirent leur dague et attendirent les ordres d’Henry.
-         Monseigneur, commença Frédéric, ces hommes ont gâché mon mariage, ouvrez la porte et nous chargerons. Je leur ferai payer leur audace.
-         Es-tu certain de vouloir…
-         George, ferme-la. Au compte de trois j’ouvrirai la porte, que tes hommes se tiennent près, Frédéric.
-         Je leur ferai payer leur audace, reprit celui-ci, et lorsque je reviendrai, j’épouserai Élisabeth.
Et il se lança contre l’ennemi.
 
Henry regarda l’assemblé de femmes et d’enfants, il se devait de faire un discours, comme tout seigneur le ferait suite à une bataille, victoire ou défaite.
-         La bataille est terminée commença-t-il, et nous sommes sauf. Nous pleurons bien sûr tous ceux qui nous ont quittés pour défendre leur patrie, nous pleurons notre cher Albert et notre précieux Frédéric, nous pleurons nos maris, nos pères et nos fils, nous pleurons tous ceux qui ont péri aujourd’hui, nous pleurons ces grands hommes qui par leurs actes héroïques nous ont permis la vie. Je sais, vous êtes veuves et sans père, et pour toujours, mais ce n’est pas vous que les Shinois ont tués, piétinés, fragmentés ou fractionnés, ce n’est pas vous qui avez supplié l’ennemi de vous tués pour ne plus souffrir. Et il ne faut pas perdre foi, car l’ennemi a été repoussé et nous avons étés sauvés.
Il quitta les veuves et les orphelins et se dirigea vers la salle à manger, l’heure du souper approchait et il n’avait pas dîner. Paulette et Phrançois étaient déjà assis à la table.
-         Élisabeth n’a pas fait à manger ce soir, demanda-t-il
-         Son fiancé est mort Henry, elle a du chagrin.
-         Parfait, enfin un bon souper.
Et il mangea avec avidité.
-         Il faudrait que tu ailles lui parler, commença Paulette, son fiancé est mort le jour de son mariage.
-         Oui, répondit Henry, mais pour l’instant, je mange.
-         Je crois qu’il est pressant que tu ailles lui parler ! insista Paulette, son fiancé…
-         Ce que tu es conne, Paulette. Il n’y a rien d’urgeant, Frédéric sera encore mort demain.
Il se leva et quitta la pièce.
-         J’ai du travail à faire, mais dès que j’aurai le temps, j’irai voir Jacqueline.
Il monta rapidement un petit escalier et se rendit à son trône. Il réfléchit quelque temps, les nains avaient étés repoussés, mais il fallait avertir le Roi de Phrance.
-         Que l’on me fasse venir un scribe, ordonna-t-il, et que l’on fasse quérir un messager.
Un scribe vint, apportant avec lui encre, plumes et parchemins.
-         Je veux que tu écrives une lettre à l’adresse du Roi de Phrance, dans laquelle tu diras que deux mille Shinois ont attaqué mon village, Parisbourg, mais qu’ils ont heureusement étés repoussés vers le village voisin.
Et le scribe se mit au travail.
-         Nom de dieux, s’écria celui-ci, le visage rouge de fureur.
-         Qu’y a-t-il, demanda Henry, se levant d’un bond de son trône.
-         J’avais terminé l’écriture de votre lettre, répondit le scribe, mais mon encrier s’est renversé sur mon parchemin.
-         Oui, je vous comprends, saleté de Windows, ça ne marche jamais !
 
Le lendemain matin, un soleil éclatant parvint jusqu’à Henry par une fenêtre de la grande salle. Il abaissa le pied du fauteuil et se leva de son trône. Paulette avait tout de même quelque peu raison, il fallait qu’il parle à Élisabeth. Il se dirigea vers sa chambre, au sommet de la tour Nord. Elle ne dormait pas mais ne faisait que pleurer, et elle ne remarqua pas la présence de son père.
-         Salut ma belle Élisabeth, quelle belle matinée, ne trouves-tu pas ? Dommage que Frédéric ne puisse pas en profiter !
Le visage contre son lit, elle éclata en sanglot.
-         Je sais que c’est dur à accepter, mais ce n’est pas grave, il y a beaucoup d’autre homme dans ce village avec qui tu pourras te marier… Ne t’en fait pas, tout va bien aller, et de toute façon, si Frédéric est mort en combattant de ridicules petits nains, c’est donc qu’il ne méritait pas d’épouser la fille d’un seigneur.
-         Tu… tu es… tu es bien gentil papa… mais je… je veux que tu partes.
-         Et moi dont… mais Paulette veux que je te parle. Alors, je crois que je vais rester encore un peu.
Élisabeth pleura fortement.
-         Oh ma belle Jacqueline, ma grand mère me disait toujours : « Il est stupide de pleurer, car dans notre chagrin nos yeux et notre nez coulent et notre visage devient rouge ».
-         Disait… disait-elle vraiment cela ? C’est ridicule.
-         Non, je ne… je ne l’ai… ne l’ai jamais connue, dit tristement Henri, j’ai simplement eu l’idée d’improviser, mais tout cela pour te dire que tu es très laide lorsque tu pleures.
Élisabeth essuya ses larmes et se moucha.
-         Selon toi, quelle… quelle était sa dernière pensée.
-         Selon moi, il devait se dire : « Mais pourquoi Henry ne m’ouvre-t-il pas la porte, je lui ai pourtant annoncé notre retraite ». Mais je pense qu’en tout dernier, il pensait à toi et lui et au mariage qu’il n’aurait jamais. Tu sais, c’était un grand homme… surtout lorsqu’il était à dos de cheval… Je crois bien qu’avec lui tu aurais été très heureuse.
-         Frédéric, gémit-elle, je l’aimais tellement. Frédéric, je veux que tu reviennes !
-         Élisabeth, ce que tu es idiote, il ne reviendra pas, il est mort. Mais vois le bon côté des choses et sois heureuse. Moi, je suis là, je ne suis pas mort, et le village a survécu.
-         Le village est en cendre, tout comme Frédéric.
-         Oui, mais le château a survécu, et il y a d’autres bons côtés, tu n’auras plus à faire la cuisine, ni pour Frédéric, ni pour les autres, et c’est un très bon côté de la chose, suffisamment bon pour nous faire sourire et nous rendre joyeux.
-         Mais papa… je l’aime, j’aime Frédéric !
-         Oublies-le Jacqueline, il ne sert à rien de penser à ce qui n’est plus.
-         Mais qu’il soit mort où vivant, je l’aime, et je l’aimerai toujours.
-         Ce que tu es conne, il ne sert à rien d’aimer quelqu’un qui ne peut te redonner ton amour, Frédéric est mort, oublie-le. Et moi, il faut que j’y aille, j’ai envie de pisser depuis bien longtemps. Mais euh… penses à ce que je t’ai dit, et nous reparlerons plus tard…
Et il quitta la pièce avec la même pensée que lorsqu’il y était entré : « J’étais pourtant certain que sa chambre était au sous-sol ».
 
Deux jours passèrent, des abris furent construits dans l’enceinte de la muraille et des clôtures furent ajoutées, délimitant la cour arrière où se rendait souvent Henry. Quelques survivants construisirent de nouvelles fermes dans de nouveaux champs, mais la plus grande partie d’entre eux acceptèrent la généreuse offre de leur seigneur que d’habiter la cour du palais. Élisabeth demeura tout ce temps dans sa chambre et refusa de reparler avec son père qui en était bien heureux.
Puis, le matin du troisième jour, revint le messager, apportant avec lui une réponse du Roi. Henry prit le court parchemin et entreprit la lecture :
 
Monseigneur,
 
Nous vous remercions de votre loyauté envers votre roi et votre patrie. Grâce à votre importante information, nous pouvons maintenant confirmer les craintes des conseillers militaires de la Phrance ; Notre belle patrie est attaquée par l’Orient comme par l’Occident, la Shine et l’Angletaire se sont unies dans la guerre contre la Phrance. Et nous vous informons donc par la présente, puisque vous avez réussi à repousser l’ennemi et à diriger vos hommes, que vous serez l’un des commandants des cent navires de guerre que le Roi envoiera en Angletaire. Le droit vous sera fait de choisir votre second officier et de formé une armée de cent hommes. Nous vous attendons à la capitale dans trois jours.
 
Jacques Grandpied,
Scribe du Roi de Phrance
 
Henry laissa tombé le bout de parchemin sur le sol et regarda une à la fois les quelques personnes qui le fixaient.
-         Qu’y a-t-il, demanda anxieusement Phrançois, ramassant le parchemin.
-         Il nous faut partir, répondit Henry.
Phrançois lut attentivement la courte lettre et la donna à Paulette qui lut à son tour.
-         Phrançois, tu es un ami de toujours à qui je fais confiance, j’aimerais que tu sois mon second officier.
-         Je vais répondre sans réfléchir et sur l’impulsion du moment : J’accepte !
-         J’insiste, continua Henry.
-         Euh… Oui, je viens avec vous.
Henry le regarda et sourit.
-         Tu es vraiment digne de confiance, je te confierai même la vie de mon fils. Je veux que l’on réunisse dans la cour arrière tous ceux qui peuvent combattre, tous les villageois et les enfants suffisamment âgés, reprit Henry, que l’on envoie des hommes dans les villages voisins qui sont sous ma protection, il me faut cent hommes.
-         Mais Monseigneur, répondit un homme dans la pièce, aucun autre village n’est sous votre protection.
-         Rien à foutre, répondit Henry, que l’on pende cet homme. Les gens de la rivière à l’est doivent allégeance à la Phrance, que l’on y envoie un messager, car dans quelques jours, c’est la guerre !

Chapitre Deuxième
Le chemin de Parys
 

Le lendemain matin, dans les environs de dix heure, Henry se rendit à la cour arrière du château.
- Phrançois, appela-t-il, apercevant la silhouette de son second officier. Alors, combien avons-nous d'hommes ?
- Il y'en a deux cent un, Monseigneur, le double de ce que nous voulions.
- Donc, renvoyez la moitié chez eux.
- Mais Monseigneur, commença Phrançois, ces hommes seront certainement utiles pour d'autre navire, et cent était selon moi un minimum.
- Oui, tu as raison, il faut que je me montre clément, renvois-les chez eux pour qu'enfin ils se reposent...
- Euh... Très bien Monseigneur.
- Nous n'avons que trente chevaux, choisissez vingt-huit hommes et donnez leurs en un. Séparer les armes au hasard. Je veux te voir à la salle du trône dans une heure.
Phrançois lui fit un signe de la tête et se retourna vers les hommes.

Et le temps alloué passa rapidement. Phrançois se rendit au trône d'Henry où celui-ci discutait avec George.
- Mais vous m'aviez dit que je serais votre second officier si jamais...
- Oui, mais souviens-toi, je t'ai aussi dit que tu était vif et intelligent, il ne reste donc aucun doute que je ne disais pas... Bonjour Phrançois, ce que je suis heureux de te voir, je vais enfin pouvoir parler de chose sérieuse avec une personne sérieuse.
- Je suis heureux de faire votre bonheur, Monseigneur.
- Très bien... As-tu fait tout ce que je t'ai demandé.
- J'ai renvoyé la moitié des hommes à leur demeure.
- Combien en reste-t-il ?
- Il y en avait 201, il en reste maintenant 100.5, Monseigneur.
- Parfais, as-tu distribué les armes et les chevaux.
- J'ai distribué toutes les armes, mais les chevaux n'auraient nul place sur le navire, j'ai donc pensé qu'il valait mieux de les laisser dans les écuries.
- Mais... tu les as distribués ?
- Oui Monseigneur. J'en ai distribué vingt-sept, j'ai gardé les trois meilleur pour vous, moi et votre fils.
- Inutile, George marchera, le troisième cheval sera chargé de mon...
- Mais Père... vous ne...
- Tu es encore là toi ?! Non mais sacre-moi patience.
Henry soupira fortement et se tourna vers Phrançois.
- Des fois je me dis que toute la maisonnée est contre moi, la petite pleurnicharde ne veut plus me parler, le petit perdant veut un cheval, non mais que croient-ils, que je suis Dieux ? Et bien oui ! Et alors !
- Je vais faire comme si je vous comprenais et compatissais : Vous avez raison Monseigneur, parfois c'est à se demander si nous pouvons avoir des conversations sérieuses sans que de jeunes imbéciles ne viennent nous interrompre.
Et henry se leva et le serra contre lui.
- Tu es un vrai ami, dit-il, un vrai ami...
George leur tourna dos et quitta la pièce en silence.
- Nous partirons ce midi, nous devrions arriver à Parys avant la tombé de la nuit, le trajet est seulement de quatre heures à cheval.
- Mais Monseigneur, intervint Phrançois, nous n'avons que trente cavaliers, plus de soixante-dix hommes sont à pied.
- Donnez-leur des souliers.
- Euh... Monseigneur, les chevaux iront quatre fois leur vitesse, si nous parton à midi, ils arriveront demain, à midi, et seulement s'il marche toute la nuit.
- Alors nous irons à leur vitesse, nous serons à Parys demain midi.
Il se leva et prit une grande épée accrochée au mur, l'épée de Parisbourg.

Henry contempla son armée, vingt-sept cavaliers et soixante-treize soldats se tenaient devant lui, ayant à la main hallebarde, épée et arc à flèche.
- Chers amis, aujourd'hui marque le début d'un grand jour, nous allons à la guerre, nous montrerons à l'Angletaire la force de la Phrance. Par-dessus tout, nous leur montrerons la grandeur de Parisbourg et de son seigneur. Je sais que vous voudriez rester avec votre femme, mais nous allons à la guerre, à la mort et à la gloire. Dites adieu à votre famille et bonjour à la guerre et au tourment.
Les hommes ne parurent pas aussi enthousiastes qu'Henry l'eut espéré, celui-ci monta sur son cheval et se retourna vers son armée.
- Que périssent l'ennemi par la lame de la souffrance. Que sa longue agonie me soit satisfaction et que soit mangée sa chaire et détruits ses os, qu'enfin le diable l'emporte dans sa demeure de feu, au-delà des cieux ou jamais rien d'autre ne vit que les noirs démons qui vomissent les entrailles des morts depuis longtemps dévorés !
- Amen, crièrent les hommes, et que périsse l'ennemi par la force de nos armes.
Ils acclamèrent leur seigneur puis partirent vers le nord, vers Parys. Henry dit au revoir à sa femme et à sa fille.
- Ils semblent aimer leur commandant, remarqua Phrançois.
- Et j'en suis fier, répondit Henry. Mais dis-moi, j'ai regardé la carte... Allons-nous suivre l'ancienne route jusqu'à Parys ?
- Euh... Oui Monseigneur, mais pourquoi cette question ?
- Car j'ai décidé que nous passerons par les terres inexplorées, ce sera beaucoup plus rapide.
- Mais nous ne pouvons passer par-là Monseigneur, les terres inexplorées n'ont jamais été explorées.
- Oh... je l'ignorais, je vais y réfléchir dans ce cas, nous en reparlerons plus tard.
- Très bien, Monseigneur.
- J'ai pris ma décision ; nous passerons par les terres inexplorées.
- Je vais vous répondre franchement et stupidement, vous êtes imbécile mais je vous suivrais jusqu'à la mort.
- Tu es le plus grand ami que j'ai eu la chance d'avoir, avoua Henry, tu es comme un frère pour moi. Tu m'accompagnes à la guerre et tu acceptes d'être mon second officier, tu es un grand homme.
Phrançois lui sourit.

La route bientôt tournerait à droite, mais l'armée continuerait tout droit et pénètrerait les terres inexplorées.
- L'on m'a raconté des histoires lorsque j'étais jeune enfant, commença Phrançois, elles disaient que dans les jours anciens, au temps du Roi Louis, l'un de nos plus grands Rois, la Phrance avait envoyé une armée de mille hommes en terre inexplorée...
- Mais jamais elle n'est revenue, continua Henry.
- Non... l'armée n'est pas allée en terre inexplorée.
- Diantre ! Pourquoi ?
- L'histoire ne le dit pas.
- Grand Dieu, dit Henry, j'ignore si cette histoire est réelle, mais si elle dit vrai, nous marcherons vers de grands dangers lorsque nous quitterons la route. Je comprends maintenant tes craintes, mais il faut rejoindre le plus rapidement possible la Phrance, le Roi sera ravi de nous voir en avance.
Une femme à cheval approcha d'eux.
- Monseigneur, dit-elle, je viens combattre à tes côtés, je mourrai de la même façon que mon mari, en souffrant et en criant.
- Si tu vas en Angletaire, tu ne seras pas tuée, mais faite prisonnière, jeune fille, leurs femmes sont si laides.
- Mais puisque que vous ne semblez pas intelligente, intervint Phrançois, nous allons vous encourager comme le ferait une mère avec son enfant : Mais oui, mais oui, tu es bonne, bravo, j'espère que tu vas tuer beaucoup d'Anglois !
- Ce que je t'aime Phrançois, dit Henry. Mais pour l'instant, jeune fille, j'ai quelques questions à te poser.
- Oui, Monseigneur...
- Puisque tu me fais penser à une idiote que je connais, j'aimerais bien connaître ton nom.
- Je me nomme... Élisabe...euh... Élise, répondit-elle, je me nomme Élise.
- Ce que c'est laid, votre père devait être vraiment con. Mais pour en revenir à mes questions, tu préfères les blonds, les bruns, les seigneurs ou les dieux, parce que je suis dans trois de ces catégories.
- Je t'interdis de me faire la cour, cria Élise, les larmes aux yeux, tu ne connais rien de moi et de mon passé. Puisque je te dis que... que tu ne me connais pas, tu ne me... tu ne me connais pas !
- Je ne voulais pas te faire pleurer, dit Henry, je m'en excuse, j'ignorais que tu étais idiote. Et c'est faux, s'écria Henry, je connais votre nom !
- J'accepte vos... j'accepte vos excuses.
Et elle retourna dans les rangs.
- C'est étrange, remarqua Henry, la seule personne qui m'ait déjà tutoyé, c'est Élisabeth.
Il regarda la jeune fille s'éloigner.

La route tourna et l'armée continua vers une lointaine forêt. Cela faisait trois heures qu'ils avaient quitté Parisbourg lorsqu'ils l'atteignirent, la forêt des terres inexplorées était devant eux.
Henry s'avança et lut une pancarte. « Cette forêt est celle de la Reine Elfes, il est interdit d'y pénétrer sous peine d'expulsion de l'école de Poudlard ».
- Cela ne m'effraie guère, cria Henry.
Il sortit une grande lame d'un fourreau de cuir et en coupa le bois du panneau. L'armée le suivit, pénétrant dans le sombre bois. Ils marchèrent longtemps, lorsque soudains de nombreuses personnes vint, l'arc à la main.
- Vous êtes entré en la forêt de la Reine Elfe, nous vous conduirons jusqu'à elle, et elle décidera de votre châtiment. Que l'on bande les yeux des ces hommes.
- Diantre, s'écria Henry, ils ont beaucoup de bandeaux.
On les emporta dans une clairière. Là, se tenait une magnifique femme, la Reine Elfe.
- Je suis la Reine Elfe, dit-elle, je me nomme Galabrielle, et vous avez pénétré mes terres.
- Moi, j'aimerais bien vous pénétrer vous ! répondit Henry.
- Que dites-vous insolent, vous méritez la mort, cette forêt est miennes.
- C'est faux, cria une voix, la forêt de Fengorn n'appartient qu'à Fengorn lui-même.
Un arbre avec un visage, deux bras et deux jambes se dressait d'un air menaçant devant Galabrielle.
- Sylvebarde, aussi appelé Fengorn, vous osez dire que ces terres sont vôtres.
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